Une électricité verte et locale

 

Le maire d’Aubenas Jean Yves Meyer et Yves Cotten, président de Revia inauguraient jeudi soir, la cogénération à la chaufferie biomasse de la Ville d’Aubenas. Un investissement de 3M€ environ pour produire de l’électricité en secours du réseau électrique. C’est en 2009 que la ville d’Aubenas confiait à Revia, filiale d’Engie Cofely, la conception, la réalisation et l’exploitation de son réseau de chauffage au bois. Depuis sa mise en route, ce réseau produit a 9 MW au total et il a permis à la ville d’éviter l’émission de 7 000 tonnes de CO2 par an en alimentant en chauffage plus de 70 bâtiments avec une couverture bois de l’ordre de 88 %. Cela a notamment permis aux usagers de bénéficier d’une stabilité des coûts de leurs factures énergétiques.

 

De nouvelles économies pour les consommateurs

En novembre 2018, Engie Cofely, conjointement avec la Ville, a donc mis en route un nouvel équipement de production décentralisé d’électricité. La chaleur fatale issue de ce système est utilisée par Revia et participe à produire une chaleur propre. Cette cogénération d’une puissance de 3,3 MW (puissance électrique délivrée sur le réseau) permet aussi de produire en parallèle 3,2 MW thermique au niveau du réseau de chaleur. Cet équipement fonctionne uniquement pour soutenir le réseau électrique français en cas de besoin. Cette production autonome et décentralisée comporte de nombreux avantages. D’abord l’énergie électrique produite localement évite toutes les pertes liées au transport de l’électricité. La Ville d’Aubenas peut se vanter de bénéficier d’un réseau de chaleur encore plus vertueux grâce à l’installation de la nouvelle cogénération.

 

Un équipement qui produit une énergie « locale » avec du bois de la région.

De plus, le rendement est optimum du fait d’une production conjointe d’électricité et de chaleur. Enfin, la valorisation de l’énergie thermique du moteur par injection dans le réseau de chaleur Revia offre un prix plus compétitif que celui du bois et du gaz existant qui se traduira sur la vente de la chaleur.
« Ce service public est utile pour la ville car il produit de la richesse pour la région. L’énergie est devenue locale puisque l’énergie primaire, le bois, est produite dans la région contrairement au gaz qui vient de très loin. Lorsque la ville a fait le choix de cette centrale il y a 9 ans, c’était un choix stratégique »
commente Yves Cotten. Fabriquée et consommée localement, « c’est un complément formidable de la chaufferie bois d’Aubenas » se réjouit le maire qui estime que ce nouvel équipement est « une sécurisation de l’approvisionnement en énergie électrique qui, produite localement, sera consommée localement. À Aubenas, on n’a pas de centrale nucléaire, ni de pétrole mais on a la chaufferie bois, des idées et des investisseurs ».
JeanYves Meyer insiste sur la démarche environnementale de cet équipement puisque le bois coupé dans la région évite la multiplication du transport, la pollution et les émissions de CO2 et de particules fines. Ce sont environ 15 000 t de bois qui sont coupés localement pour cette chaudière. « C’est dans
l’ADN des élus de toujours rechercher ce qui est plus intéressant pour le développement durable » . Le député Fabrice Brun s’est souvenu du jour où les parlementaires, dont il a fait partie, ont fait le choix de l’interdiction de l’extraction du gaz de schiste. Il se félicite de voir fonctionner ce « modèle de transition écologique » avant de rappeler que l’Ardèche est leader en termes d’énergie renouvelable et produit un quart de ses besoins énergétiques.

 

 

Source : La Tribune de Montélimar – Edition Ardèche – 23.05.2019